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Mardi, une mauvaise nouvelle m’attendait lorsque je suis rentrée : ma dernière parente du nord est décédée dans sa quatre-vingt-dix-neuvième année. Nous nous connaissions depuis peu à l’échelle de ma vie, puisque le quotidien étant ce qu’il est, les liens de famille se distendent parfois lorsqu’on habite loin les uns des autres, ce qui était le cas de mon père et de sa famille.

Or, cette cousine de mon grand-père paternel habitait le Pas-de-Calais.

Je m’intéresse à la généalogie et c’est dans ce contexte que je l’avais contactée il y a une vingtaine d’années. Ma lettre avait été accueillie avec bienveillance et un indicible enthousiasme. Elle était comme moi aimante et respectueuse de toutes ces personnes qui ont fait que nous sommes ce que nous sommes. Elle m’a donné l’unique photo que j’ai de mon trisaïeul (son grand-père), que j’appelle le galibot car il avait 7 ans quand il est descendu à la mine. J’avais trouvé en elle un écho profond à cette passion que j’ai depuis toujours et qui est d’explorer le passé en général et celui des miens en particulier. Et puis j’aimais sa façon de parler, elle me touchait au cœur. J’aimais son accent du nord et sa manière de dire certains mots (les "ouaggons").

Je lui avais téléphoné quelques jours avant son décès. Je ne savais pas encore que c’était la dernière fois qu’elle m’appelait ma fille, exactement comme le faisait mon grand-père.

C’était une femme intelligente, cultivée, au fait de l’actualité, avec des valeurs mais sans jugement tranché. C’était une belle personne.

Elle aurait aimé connaître son arrière-petite-fille qui doit naître en juillet. Mais, a-t-elle dit, ainsi va la vie : l’une s’en va, l’autre vient. C’est ce qu’il s’était passé aussi pour Maman, partie quelques mois avant la naissance de mon troisième petit-fils, celui qui me fait penser, parfois, à mon frère.

Je ne pensais pas être affectée à ce point par la disparition de cette petite-cousine. Je me rends compte à quel point je m’y étais attachée, comme elle va me manquer.

Je vais rester en contact avec son fils, qu’entre parenthèses je n’ai jamais vu, juste eu au téléphone les derniers mois parce que quand je téléphonais chez elle, c’est lui qui décrochait. Il était près de sa mère nuit et jour, il ne voulait pas qu’elle meure ailleurs que dans sa maison.

Mais avec lui, ce ne sera pas pareil.

Cette dame, plusieurs fois grand-mère et arrière-grand-mère, était triste que seule "la Parisienne", une cousine éloignée, vienne la voir.

Suivant sa volonté, en haut du faire-part, son fils a fait imprimer :

 

Il faut nous aimer sur terre

Il faut nous aimer Vivants

Ne crois pas au cimetière

Il faut nous aimer Avant.

 

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