J’espère que vous avez passé une belle fin d’année, et pour ceux qui étaient seuls, que 2016 s’est éteinte avec beaucoup de douceur.

Pour la vie qui continue en ce troisième matin de 2017, je vous souhaite, et je me souhaite, d’accepter les choses comme elles viennent et d’accueillir le cœur grand ouvert tout ce qui n'est pas prévu, chose pour laquelle, il me semble, on a toujours beaucoup de mal. Or, lutter contre ce qui est ne sert à rien, si ce n’est à nous laisser exsangue – et je sais de quoi je parle, j’ai nagé à contre-courant toute ma vie.

Laissez le possible surgir, laissez du vide dans votre vie, un peu comme autrefois la place à table du vagabond qui pouvait arriver. Et face aux événements douloureux, malgré tous les malgré, faites confiance à la Vie. Pas facile, je sais. Pas facile du tout.

Je vais vous raconter quelque chose.

Il y a quatorze ans maintenant, une terrible maladie (comme on dit pudiquement) a emporté mon oncle dans des conditions particulièrement pénibles. Sa femme, ma marraine, a perdu par la même occasion son roc, son pilier, l’unique amour de son existence. Mais elle n’a pas perdu sa raison de vivre. Elle n’a pas dit : "Vie, je te hais ! Vie, tu m’as tout pris !", elle s’est adressé à son mari mort : "Maurice, puisque maintenant tu préfères te reposer, je suis bien obligée de continuer ma route toute seule!".

Et c’est ce qu’elle fait, ma Marraine de 84 ans. Elle porte la Vie comme un drapeau.

Il y a une autre chose que je voulais partager avec vous. J’ai reçu, il y a quelques années, un merveilleux cadeau : je suis en paix avec ma mère morte. Il faut savoir que je lui en ai voulu toute ma vie, je la rendais responsable de tous mes nœuds de froid au cœur. Et voilà que je la redécouvre, et voilà qu’elle m’illumine, et voilà même, immense émotion, que Maman me manque. Elle me manque enfin. C’est une réconciliation douloureuse et merveilleuse à la fois.

Je vous souhaite la réconciliation et la paix avec ceux que vous aimez mais à qui vous ne le dites pas forcément, parce que l’amour, c’est rarement 'tout blanc' et idéal. L’amour est souvent, ô paradoxe, source de souffrance. Je vous souhaite par la même occasion, et je me le souhaite aussi, le lâcher-prise dans votre attachement. 

Je vous souhaite des câlins, des mots doux, des gestes auxquels vous ne vous attendez pas, je vous souhaite tout ce qui est tendre et doux, par brassées,

que 2017 vous tienne au chaud dans un amour paisible.

1962-1 14 InterlakenR

Maman avec ma soeur et mon frère

Interlaken (Suisse), août 62