2010 5juilPICT7461rrrr

Merci à toi qui a figé, sans le savoir, sans le vouloir, cet instant de grâce.

Merci pour la rose, merci pour le collier d'ambre,

merci..

 

Une des phrases qui revient le plus souvent dans les petites méditations en ligne est : "Je m’accepte telle que je suis".

Moi, je passe mon temps à me répéter "J’en ai ras-le-bol d’être comme je suis !".

Ras-le-bol d’être impulsive ! Et pourtant, depuis quelques temps, j’ai fait des progrès ! J’ai appris à attendre. Attendre ! Un mot que je ne connaissais même pas il y a cinq ans !

Ras-le-bol du tout ou rien ! Pourquoi bon sang malgré tous mes efforts n’ai-je jamais trouvé ce qu’il y avait entre les deux ?

Ras-le-bol de m’angoisser pour tout pour tout le monde tout le temps. Pourquoi je suis comme ça ? Pourquoi n’ai-je pas su, comme ma sœur, me forger une carapace ? J’ai grandi dans la peur et cette peur ne me quitte jamais. Est-ce l’héritage d’un quelconque aïeul, traumatisé par quelque drame (et Dieu sait qu’il y en a eu autrefois ?). Au lieu de mettre mes bras par-dessus ma tête quand les coups pleuvaient, pourquoi, comme ma sœur, n’ai-je pas toisé mon père pour lui faire croire qu’il ne me faisait pas peur, quitte à me manger un œil au beurre noir ? Quand je pense que ma sœur avait 12 ans ! C’était bien la peine que je sois l’aînée, je n’ai jamais su faire ça. Je n’ai jamais su dissimuler ce que je ressens. Je me sens si bête et l’âge ne me sert de rien.

Pourtant, et je sais que ça doit sembler bizarre, notre père, on l’aimait. Toutes les deux, ma sœur et moi, on l’aimait, ça a été le seul homme de notre vie.

Il nous filait des baffes, c’est vrai, et nous étions si petites. Mais c'est la seule manière qu’il avait trouvé pour nous apprendre à être forte et à ne compter que sur soi. Il voulait le meilleur pour ses filles et la vie lui avait appris qu’on n’est jamais si bien servis que par soi-même. Est-ce de sa faute si j’en ai fait tout un fromage ? M’a-t-il violée ? Enfermée dans un placard ? Comme maman il nous a donné ce qu’il avait, ce qu’il savait.

Maman, elle, nous gavait comme des oies. C’était sa générosité. Comment ai-je pu entretenir si longtemps la croyance qu’elle ne nous aimait pas ? Elle n’a pas su ou pu empêcher mon père d’être comme il était, c’est vrai. Mais avait-elle le choix ? Ce n’est pas simple de quitter son mari quand on a trois enfants et qu’on est dépendante financièrement, encore moins quand l’amour s’y mêle, quand l’amour s’emmêle, et mes parents s’aimaient, ça c’est sûr. Je crois même que, en tout cas pour ma mère, les enfants n’étaient pas indispensables, en tout cas les filles ! Maman, carencée de père, avait besoin d’un père, et mon père était celui-là.

Aurais-je fait mieux et plus à sa place ?

Je suis mère et grand-mère et je puis vous assurer que non, je ne peux pas prétendre avoir fait mieux ! Même si – et il fallait s’y attendre – je n’ai jamais permis qu’on touche à mes enfants. Ce qui au final n’a pas changé grand-chose. Car les baffes de notre enfance n’étaient que la face émergée de l’iceberg de la violence qui défini(ssai)t notre famille.

La froideur, le silence, l’incapacité de montrer, de démontrer. Les mots qui restent bloqués dedans, même quand on aime, ne pas savoir dire ni montrer à ses enfants qu’on les aime. L’indifférence, ou ce qui est vécu comme telle. L’impulsivité aussi, car mon arrière-grand-père maternel à la suite d’une brouille avec sa mère s’est quand même exilé de sa Suisse natale jusqu’à Paris !

Paris ! Rien que ça !

Je suis le fruit de tout ça, en plus d’être un fruit de l’amour. Et je ne m’aime pas. On m’a souvent catalogué de fofolle à cause de toutes ces émotions qui partaient dans tous les sens. Avant, j’en riais avec les autres. Maintenant, je suis fatiguée. Fatiguée de lutter contre moi tout le temps. Je voudrais de la légèreté. Je voudrais de la bienveillance, de la douceur. Être rassurée...

Je voudrais..

    (- ̮-)
   .__/l\__.

       
     
E
t vous ?

Vous acceptez-vous tel(le) que vous êtes ?

 
        ...