Bonjour à vous,

alors qu’innocemment, je me promenais ici et là sur les blogs - il m’en souvient, je chantonnais, même, c’est vous dire si j’y étais les doigts dans le nez – je ressentis petit à petit à la lecture de vos mots comme une émotion de nostalgie, de tristesse... Ce n’est pas en racontant la suite de mes histoires de tante battue comme plâtre que je vais détendre l’atmosphère, me dis-je in petto.

Eh bien les amis? Est-ce l’automne arrivant qui vous rend tout contrits? La grisaille du jour vous repeint l’enthousiasme ? Les bras me manquent et les mots m’en tombent.

Aussi, sachez que quelqu’un, quelque part, pense à vous. Et que même, ce quelqu’un qui s’avère être une quelqu’une va dérouler devant vos yeux ébaubis une histoire infiniment triste qui m’est arrivée dans ma prime jeunesse, et qui devrait remettre les pendules à l’heure. (J’en profite pour préciser que c’est un épisode que j’avais raconté sur un de mes tout premiers blogs, et qu’un jour d’il n’y a pas longtemps, je l’ai trouvé sur un autre blog. Mot pour mot. Or, lecteurs bien-aimés, je suis la victime du copiage et non pas la bourrelle! Mes mots m’appartiennent, même si vous les retrouvez ailleurs qu'ici!).

Bien.

Ceci étant éclairci, commençons ce témoignage bouleversant.

 

C’était juste après mon mariage et avant mes vingt et un ans. À peine avions-nous décidé d’avoir un enfant que ma fille aînée est arrivée avec sa jolie frimousse. Je l’ai trouvée plutôt réussie, et très satisfaite, je me suis dit que ça valait le coup d’en avoir encore une tout de suite. Et même des jumelles. Seulement voilà, vous l’avez probablement remarqué, la vie n’en fait qu’à sa tête : les jours passaient, les mois, et je n’étais pas enceinte.

J’avais donc décidé de prendre les choses en main (si je puis m’exprimer ainsi): je m’étais documentée sur ce qu’il fallait faire pour augmenter la fertilité, comme par exemple manger sainement, supprimer le tabac, les excitants et surtout avoir de bons orgasmes (ce qui me convenait particulièrement).

Un soir, mon mari rentre, je m’avance avec mon sourire modèle séduction +++ et je commence par lui offrir de boire un kéfir, habilement dissimulé dans un verre tout rose. Le chéri renifle avec un air contrit: "C’est quoi ? Ça sent bizarre?"

(moi) C’est super bon, bois ! C’est un régénérateur de la flore intestinale et en plus, ça va te donner des forces (et Dieu sait que tu vas en avoir besoin).

Heureusement mon mari ne rechigne jamais à boire un petit verre (rose, en plus). Il l’avale cul sec.

Ensuite, d’un geste doux, je lui prends la main et l’invite à passer à table (table que j’ai dressée pour l’occasion avec une jolie nappe rouge vif, quelques bougies et des pétales de roses - de toutes façons il ne voit absolument pas la décoration, il a déjà le nez plongé dans l’assiette).

- Rhm, qu’est-ce que tu m’as fait de bon ?

- De la daurade et des légumes verts.

- Sans frites ?

- Sans frites. C‘est trop gras.

- C’est quoi ce truc bizarre sur le poisson ??

- De l’ortie séchée.

- Ça a une drôle d’odeur, on dirait du foin ! Tu me prends pour un lapin ?

- C’est très bon pour l’organisme. C’est la plus riche et la plus efficace des herbes reconstituantes!

- Ah bon. Parce que j’ai besoin d’être reconstitué ?

- Toi non, mais tes spermatozoïdes, sûrement.

- Super ! Et après ce festin fabuleux qu’est-ce qu’on mange comme dessert ?

- Du tofu. Non ! Je plaisante .. Un bon orgasme !

Histoire de le mettre en bonne condition, je sors deux bouteilles de Bordeaux, que je lui verse non pas dans le petit verre rose mais dans la chope de bière où est inscrit "Souvenir d’Alsace" (contenu minimum 50 cl), puis je m’enquiers : "Es-tu détendu mon chéri ? Ça va ?"

Le chéri vide sa chope comme un seul homme et me la tend comme s’il n’avait pas bu depuis six mois. Je la re-remplis aussitôt. Déjà, il n’a plus l’air grincheux de tout à l’heure, il dit même des mots gentils "Tu.. Tu.. Tu chais, une femme à la préjidence cha changerait un peu de tous chè guignols!"

Puis il lève les yeux sur moi et me demande si le sourire crétin que j’arbore depuis son arrivée ne cacherait pas un problème musculaire? À peine a-t-il prononcé le point d‘interrogation que je manque lui fracasser le crâne avec la bouteille de Bordeaux. Mais je me retiens à temps: je dois réfréner mon impulsivité. Maintenant, je suis une méditante rayonnante de douceur et de sérénité.

Le chéri commence à glisser de sa chaise. Dans un bel ensemble, ma douce sérénité et moi plongeons sur lui.

"Ouch !" fait-il en souriant aux anges.

Il s’agit de faire les travaux d’approche avant qu’il soit totalement répandu sur le tapis. Déjà, il a un air penché qui le fait ressembler à cette carte des Tarots qui s‘appelle le Pendu. Je commence à le déshabiller.

" Dé….dé…détendu ! Che crois que che juis trop détendu là."

Ah oui effectivement, il a l’air bien détendu. Il pend, même.

Je commence à tirer dessus. "Heu, ché pas prévu pour être étiré autant, tu chais "

Bon, pas grave, je vais essayer de pousser..

"Mmhhhhhh ché bon .. " murmure-t-il.

 

medecin

 

Deux heures plus tard mon mari fumait tranquillement sa (soi-disant) dernière clope, merveilleusement étendu sur le lit. Enfin je devrais plutôt dire qu’il était renversé, et moi dans une posture de yoga très connue qui s’appelle la chandelle, la tête en bas les pieds en l’air, d’ailleurs le sang commençait à me refluer sérieusement à la tête.

- Qu’est-ce que tu fais, encore ? me demande mon homme qui en avait pourtant vu d’autres.

- Ça ….ffffff……s’voit pas ?? La chandelle !

- Et on peut savoir pourquoi ?

Dans cette position j’avais la poitrine complètement comprimée. Je n’ai jamais été une grande sportive, alors en plus, faire un discours dans cette position, ce n’était pas génial.

- Ffffff, c’est pour que tes petites bêtes puissent remonter plus rapidement à la source.

- Tu plaisantes ?

- Parce que j’ai l’air ffffffffff de plaisanter ?

- Mes spermatozoïdes n’ont jamais eu besoin qu’on leur montre le chemin !

- Et comment ffffffff peux-tu en être si sûr ?

- Parce que je les tiens de mon père qui a quand même eu trois garçons tous en parfait état de marche!

D’un seul coup je dégringolai de ma position, ouf !

Ce n’était pas rien de faire un enfant !

(´- ̮-)
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