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Ce sont les vacances scolaires. J’aime bien les vacances, ça veut dire que la piscine est ouverte tous les jours et toute la journée : le pied intégral ! En revanche, ça veut dire aussi que les enfants sont en vacances ! Pf. À quoi pensent les monos de centre aéré ? Pardon : les animateurs en accueil collectif de mineurs, lorsqu’ils se pointent tous ensemble pour venir nager au même moment que moi ?? À croire que tous les centres de loisirs de toutes les communes voisines se sont donnés rendez-vous à la même heure! C'est fou ça !

Vous savez quoi ? Hier j’ai déposé une réclamation : au vu de ma fidélité et de ma constance depuis tant d’années – je vais nager toute l’année, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige – je réclame un créneau horaire entièrement à moi réservé. N’est-ce pas le moins qu’on puisse faire ? (Je me demande pourquoi, à l’accueil, ClaOdio (c’est son p’tit nom) m’a regardée comme si j’avais fumé la moquette) (Ça se voit que ce n’est pas lui qui nage à l’heure où il vous tombe des paquets entiers de gamins sur la tête !)

Enfin bref. Je vous tiendrai au courant des suites de mes doléances (je sais, je suis foncièrement optimiste).

Bien alors à part ça, j’ai fait une grande découverte ce matin en lisant un de vos commentaires : "Vider totalement sa tête de toutes pensées en regardant la flamme d'une bougie, ça dure... le temps que ça dure.. S'ancrer dans le moment, concentrer son attention sur une seule tâche, et laisser le négatif, le ressentiment ou autre s'envoler, ça, ça fait du bien" (en oWally dans le texte).

Si méditer en faisant quelque chose c’est cela (et qu’en plus ça fait du bien) pourrait-on dire que je médite en nageant ? Car quand je nage je suis très concentrée (surtout en ce moment ! Un coup de jambe ou de bras est si vite arrivé !!). Tiens, ça me rappelle une anecdote que mes petits nouveaux chouchous lecteurs ne connaissent pas. Vous voulez que je vous la raconte ? Allez, on va dire oui !

C’était quand mes petits-fils n’étaient pas encore devenus ces grands machins dégingandés qui me dépassent tous d’une tête (même le plus jeune) et qui s’esclaffent quand je veux changer leurs chaussettes mouillées en exhibant un malheureux 41 dans lequel plus aucun de leurs pieds ne rentre. C'était à une époque où ils avaient encore besoin de leur mamy qui les émerveillait avec des histoires de fée bleue, d’Olentzero et de Big Mac pour Cendrillon (j’ai dû revisiter le conte pour les intéresser à l’histoire).

Or donc, ce jour-là, nous nagions tous les trois, enfin plutôt, je nageais, munie autour du cou des bras du plus petit en guise de cape (enfin, du cadet coquet, exactement, le plus petit n’étant pas né). Il pouvait avoir 2 ou 3 ans, et son aîné (4 ans) se tenait accroché au bord de la piscine, quand saisi d’impulsivité (de qui tient-il ça ? Je ne vois vraiment pas), il me bondit dessus sans prévenir dans le but évident de se faire, lui aussi, promener dans l’eau par sa mamy bien-aimée. Sous l’effet du poids de la joie, je coule à pic. Mes deux garçonnets très surpris se cramponnent à mon cou de tous leurs petits doigts crochus, et là, je trouve le moyen d’éclater de rire tellement je suis saisie (c’est le cas de le dire). L’eau me rentre par la bouche, par les yeux, par les oreilles, et juste au moment où je ne vais pas tarder à mourir, très gaie, certes, mais très asphyxiée avec toute la flotte javellisée que je viens d’ingurgiter, le maître-nageur, tranquille pomme-chips, daigne enfin se manifester ! Il croyait qu’on jouait ! Comme si c’était mon genre de faire le pitre !!