Lisa

 

la photo est de Pastelle (clic)

 

 

Je prends le risque.

Je prends le risque de parler de ce qui obnubile, au sens propre, mon quotidien depuis des mois : la douleur.

Une douleur permanente, une compagne fidèle qui était pourtant censée s'amenuiser, disparaître, mais qui finalement m'aime sûrement beaucoup puisqu'elle s'installe, m'envahit, prend ses quartiers d'hiver.

Hier, j'ai marché plus que d'habitude. Non pas plus loin, mais plus vite. En distance ça revient au même, en jambes c'est différent car lorsque je suis rentrée, bonjour !

Je me suis rappelée de ce que m'a dit un généraliste à qui je demandais s'il valait mieux marcher ou rester tranquille : " C'est une douleur inflammatoire, donc plus on marche plus on a mal".

Comme d'habitude je n'en fais qu'à ma tête, et ma tête c'est de marcher. La douleur va avec ? alors je fais avec.

Il va bien falloir l'intégrer, abandonner mes rêves de "comme avant". Surtout que si je suis tout-à-fait honnête, "avant", ma jambe gauche (puisque c'est elle qui pleure) envoyait des appels au secours depuis des années. Mais comme je l'ai déjà dit, je ne l'écoutais pas, je l'emmenais nager, elle prenait son pied et se faisait oublier.

Me reviennent aussi les moments où j'ai traîné cette pauvre patte contre son gré pour aller marcher, et ce, bien avant ma chute du mois de mars.

Donc, en somme, rien de surprenant. Je suppose que les efforts que ma jambe gauche a faits quand la cheville droite était punie l'ont achevée.

Voilà, j'ai dit ce que j'avais sur le cœur. Cœur qui fatigue, car la douleur use le cœur, en tout cas c'est comme ça que je le ressens.

Sur le conseil des docteurs j'ai pris des anti douleurs pendant des mois, mais on ne peut pas se droguer tout le temps, pas vrai ?

Alors si je marche une heure, je rentre et je repose mes jambes une heure. Si on y regarde bien, c'est complètement idiot.

Est-ce que je devrais plutôt ne plus sortir du tout ?

Alors là, ce serait vraiment triste..

 

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