fritillaire mail 21 3 19

la photo est de Pastelle

 

Je n'écris pas puisque je n'ai rien à écrire.

Je me tais puisque je n'ai rien à dire.

Je pleure sans bruit, sans secousse, je pleure comme une femme au ralenti, une inconnue qui s'efface, une image pleine de larmes.

Je voudrais être forte, et gaie, je voudrais être celle qu'on aime pour ça, mais c'est tout l'inverse, je ne suis ni forte ni gaie, juste quelqu'un avec des petits paquets de larmes dissimulés un peu partout. À quel moment le petit paquet va éclater ?

Je voudrais être entière, et sûre de moi, et confiante. Je voudrais croire en une force de vie, un don implacable reçu d'un dieu orgueilleux, chiendent increvable. Je voudrais affronter le vent. Vaincre le déluge.

Mais non. Je me tais, j'ai peur d'ennuyer, honte d'être triste.

Je me sens vulnérable, fragile comme de la craie.

Si fragile.