Avertissement: texte olé-osé!

 

 

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"J’ai arpenté pendant plusieurs jours le XVIème arrondissement, car la rue silencieuse bordée d’arbres que je revoyais dans mon souvenir correspondait aux rues de ce quartier."

C’était un soir, nous revenions d’une fête. La neige donnait au paysage une impression d’immobilité. Autour de nous, tout était tombé en silence. Il n’y avait que le crissement de nos pas qui faisait comme un petit bruit méticuleux. Je mourais d’envie que tu me prennes dans tes bras, je voulais m’ensevelir dans l’odeur de toi, au creux des vagues souples de ton corps. J’avais envie de boire les larmes blanches de la buée s'échappant de tes lèvres. J‘avais envie de cette petite chaleur étrange que me donnaient les moments avec toi, comme des parenthèses volées à l’ordinaire. J’avais envie. Tout le temps. Mais je n’osais pas, je n’osais rien, je restais à la porte de toi. Je savais que sinon, il n’y aurait plus de retour possible, ce serait trop fou, ce serait trop tard!

Soudain, sans que j’aie eu le temps de dire quoi que ce soit, ta bouche était sur mon cou. Je sentais ton corps collé à moi. Mes doigts n’avaient plus su ce que disait ma tête, ils avaient fui sous ton pull, tiré sur ta ceinture, descendu la fermeture éclair. Ils avaient glissé plus bas encore, cueilli, émerveillés, ton nanane indécent. Mon Dieu qu’il était doux ! La finesse de la peau à cet endroit tient du prodige. Mon corps épousé au tien irradiait une chaleur contre laquelle je ne cherchais plus à lutter. J’étais tombée à tes pieds, j’avais posé mon visage sur toi. Tu t’étais mis à palpiter, glissant dans la geôle de soie de mes lèvres où aussitôt, tu avais senti un baiser humide et chaud l’envelopper, un miracle d’onctuosité qui voyageait, tournait, repartait dans une danse suave, une danse qui te parlait, psalmodiait, célébrait une litanie à ta gloire, dans une langue bavarde et inventive qui te chantait et te réclamait. Ton joujou s’était redressé dans un élan farouche. Quelle ambition soudain l’avait saisi?

Puis tu m’avais relevée, retournée, disposée contre un arbre sur lequel je m‘étais appuyée. Tu avais attrapé ma veste épaisse qui n’arrivait pas à masquer l’étranglement de ma taille fine, et je t’avais senti avancer vers moi. Tes mains se cramponnaient à la chair tendre de mes hanches, y retroussaient ma jupe, s‘insinuaient sous le satin de ma lingerie. Au creux de ta fouille fébrile, l’incandescence de ton rameau contrastait furieusement avec la gifle glacée du vent qui me soufflait sur les cuisses. La double rotondité au bas de mes reins gonflait sous ton offense, se trémoussait, avançait, reculait. Je te voulais tellement !  

Nous nous étions arrêtés. J’avais levé les yeux vers toi.

Tu me regardais. Tu me regardais. Tu me regardais.

Nous pensions à la même chose. Mon cœur s’est déchiré par endroits.

Ce fut un chagrin désordonné.