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Huit heures. Il pleut doucement.

Je longe le chemin du Ver-Vert qui borde la Loire sur trois kilomètres cinq. Au loin, de l’autre côté de la rive, j’aperçois un héron.

J'aimerais avoir l'oreille assez fine pour entendre le bruit que fait la bruine lorsqu'elle vient se poser sur l'herbe mouillée. Plus fine encore, pour entendre la pluie tomber sur ce qui est déjà de la pluie. Personne n'est capable d'entendre ce bruit-là, pourtant ce bruit existe, même si ce n'est pas un bruit - j'aimerais trouver un autre mot pour définir cette chose réelle qui est aussi belle et insaisissable que le parfum blanc des tubéreuses, ce silence, au creux du vent, qui ressemble à une musique.

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Je regarde la Loire, puis la berge jonchée de petites pierres ocres, rouges. Au milieu d’elles, un caillou blanc. Un joli petit caillou blanc. Un caillou qui me dira, lorsque je serai rentrée à la maison : tu étais là, près de la Loire. Tu as aperçu un héron. La bruine tombait doucement.

J’ai ramassé le petit caillou.

Je l’ai mis dans ma poche, serré au creux de ma main.

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