Librement inspiré de la consigne d’écriture du Goût (clic)

 

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"Solennels parmi les couples sans amour, ils dansent, d’eux seuls préoccupés, goûtent l’un à l’autre, soigneux, profonds, perdus."

Elle lui murmure à l’oreille des chéri, chouchou, trésor, mon chat, mon cœur, mon ange. Des mots à ce point rebattus que c’est à se demander comment ils peuvent encore remplir la moindre fonction. Et pourtant ça marche, ça sort tout seul, c’est plus fort qu’elle, du miel, des caresses sur des caresses. Et murmurant elle glisse sa main dans l’échancrure de la chemise. Elle le connaît par cœur, ce petit coin-là, c’est doux, c’est foisonnant, c’est tiède. La main de la femme caresse les poils avec un plaisir indescriptible. Toujours pareil, toujours pareil, toujours pareil. Sa main glisse doucement, tourne sur elle-même, revient au point de départ, repart par le même chemin connu, toujours les mêmes sentimètres explorés, et ça dure des heures et des heures sans qu’elle se lasse, comme ne se lassent les danseurs de tourner en rond. Le plaisir persiste, intact. Ahurissant.

Elle regarde les autres sans les voir, occupée qu’elle est des doigts curieux, tremblants, délégués sur la peau. Et voilà que sa main à lui glisse sur la hanche de sa compagne, et voilà que la piste de danse ne l’intéresse plus, et voilà qu’il est prêt à échanger n’importe quoi contre une heure de douceur, une minute, une seconde de cette main sur son torse .. Il est stone, complètement stone. Tétanisé. 

" Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila."