Violaine 24 av 2016

La photo est de Pastelle (clic)

 

La première chose que je fais quand je me réveille est de consulter le calendrier scotché près de mon lit pour connaître la dose de Levothyrox que je dois ingurgiter, vu qu’elle diffère un jour sur trois. C’est comme ça que j’ai vu que nous sommes fin juillet. Déjà ! Je n’en reviens pas ! J’ai l’impression d’avoir sauté directement du 1er au 30. Hallucinant.

J’ai la sensation de n’avoir rien fait de ce mois que pourtant j’adore. J’aime sortir en robe, j’aime voir ma peau qui bronze jour après jour autour de la marque blanche des sandalettes et de ma montre. J’aime que mon fils vienne à la maison avec sa Gazelle, qu’on aille nager avec mes petits-enfants. Cet été ça n’a pas été le cas. Et puis il y a eu la grippette qui m’a privée de piscine quotidienne, et la canicule itou. Est-ce pour cela que je me sens si mou?

J’ai passé, contrainte et forcée, beaucoup de temps à la maison. De ce fait, Julie est venue me rendre visite. Julie c’est mon ancêtre, mon Amérique à moi. Julie c’est mon autre vie, une vie que je vis en parallèle depuis des années maintenant. Hier, je me suis dit : "J’ai vraiment hâte de la laisser tranquille, j’ai hâte qu’elle repose enfin en paix."

Je pousse un soupir profond. Si seulement on ne s’était pas acharné à gommer son existence. J’aurais peut-être su. Était-elle blonde, brune ? Ses cheveux balayaient-ils une partie de l’espace comme si un peintre avait, d’un coup de pinceau, étalé un ciel nocturne ? Avait-elle ce regard de myope dont on dit qu’ils sont les plus doux?

Je m’attarde sur les photographies de ses descendantes. Deux d’entre elles portent son prénom sans qu’elle ne l’ait jamais su.

Et, tandis que dans ces clichés jaunis je cherche avec moi quelque ressemblance, un petit rire, venu tout droit des nuages, un petit rire aux yeux lointains se fait entendre dans le ciel...