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Hier, j’avais envie d’aller à la mer, petit un parce que je n’ai pas pu le faire la semaine dernière (grippounette d’été), petit deux parce que ça fait drôlement longtemps et que je lui manque, c’est sûr !

En plus, samedi j’ai eu un coup de cœur pour une robe longue ma-gni-fi-que ! J’me voyais déjà, non pas en haut de l’affiche mais sur une plage balayée par les vents, telle Di Caprio sans son bateau, mon immense robe tourbillonnant autour de moi (oui, parce qu’en fait la robe est trop grande de deux tailles, mais j’ai tellement craqué dessus que je l’ai achetée quand même). "Vous êtes sûre de vouloir la prendre ? Vous savez qu’on va en recevoir d’autres dans quelques jours ?" a susurré la vendeuse en tentant vainement de me l’arracher des mains.

Je n’ai rien voulu savoir, on ne me la fait pas à moi ! Où va-t-on si maintenant les vendeuses empêchent leurs clientes d’acheter ? (Finalement, elle m’a téléphoné hier pour m’annoncer qu’elle venait de recevoir la robe en taille 36! J’ai senti comme une pointe d’ironie dans sa voix, mais je ne suis pas née de la dernière pluie ! Je vais aller l’échanger !).

Bien, revenons à notre mer.

Je me voyais déjà, disais-je, en plein vent dans ma robe sublime, voire carrément en pleins flots puisque comme vous le savez maintenant, je suis un modèle de pondération et je ne me baigne absolument jamais toute habillée.

Hier soir, tout était prêt, le pique-nique (prévu au Marquenterre), le maillot de bain (qui comme d’habitude resterait dans le coffre), des pansements, éosine et diverses bandelettes (non pas que je sois coutumière des gadins, mais sait-on jamais, quand on peut dépanner quelqu’un de moins agile que soi).

Donc, hier matin :

- 9 h: on est dans la voiture. Le coffre est chargé (blindé serait plus juste : trois sacs rien que pour moi, avec deux changes intégrals – oui, je sais, ça ne se dit pas intégrals mais franchement, vous me voyez avec deux changes intégraux ? – trois foulards pour mon petit cou fragile qui sort à peine de grippette, la glacière, les plaids, une nappe, une doudoune qui traîne dans la voiture depuis six mois (après tout, ça peut servir! Si on se fait attaquer par une bourrasque ?), deux chaises de camping (sans table), une scie sauteuse au cas où on aurait envie de scier, etc etc.

- 9h02: on part. Je sens déjà le vent de la mer (j’ai toujours eu beaucoup d’imagination).

Je trépigne sur mon siège.

- 9h10: teuf.

Teuf ?

- 9h20: teuf, teuf.

Teuf.

Comment ça, teuf, teuf, teuf ?

 

Il a bien fallu se rendre à l’évidence : la mer, ce serait pour un autre jour.

Le positif (oui, je positive tout maintenant, c’est l’âge qui fait ça), c’est qu’heureusement que c’est arrivé maintenant et pas début août, car on doit emmener mes petits-fils (enfants de ma fille) à Nevers, chez mon fils, pour deux semaines de vacances.

Alors bon, tant pis pour la robe magnifique, pour les flots et pour Di Caprio, je serai la reine du monde un autre jour.

Je suis donc allée bêtement nager à la piscine, qui, il faut bien le dire, n’en menait pas large. Oui, parce que comme j’étais quand même un peu frustrée et contrariée, j’ai nagé à toute allure, fendant les flots avec une rage inouïe, ce qui m’a bien défoulée entre parenthèses, même si je sais que ce n’est pas grave, qu’il n’y a pas mort d’homme etc etc.

Pour une fois, les gamins ne m’ont pas sauté dessus ! Ils ont dû sentir que c’était pas le jour!