La plupart du temps, j’aime m’occuper des autres, je crois que c’est le sens de ma vie, ma raison d’être. Je me suis même rendu compte récemment que, souvent, j’anticipe les demandes.

Mais en ce moment je craque.

Aux soucis de santé de mon frère ont succédé ceux de ma fille depuis mars, depuis le jour de son anniversaire.

J’ai l’impression que je n’ai plus de force. Je ne supporte plus rien, tout m’énerve, me fatigue. Je suis triste. Fatiguée. Tout me saoule.

J’en ai marre des jérémiades, des plaintes, des soucis qu’ils me confient parce que je n’ai que toi. Ras-le-bol du tout en noir, du jamais content, alors que la vie pourrait être si belle. La vie est belle, dans toutes ses nuances, et c’est Etty qui le disait. Etty qui a été assassinée en camp de concentration.

Me reviennent si souvent des paroles de Maman lorsqu’elle avait mon âge, cet âge où on devient toute fragile, toute friable. Car non, se battre ne nous rend pas plus fort, se battre nous épuise, parfois.

Je pense au grand frère que je n’ai pas eu. Il m’aurait défendue devant Papa, il aurait pris soin de moi. Mon grand frère m’aurait fait les câlins et les bisous qu’on ne me fait pas.

Je pense aux mots de ma parente âgée : "Il faut nous aimer Avant".

J’ai envie de danser, de rire, de profiter. J’ai envie de vibrer, de soleil, de lumière. De ne pas perdre de temps puisqu'il n’y a pas de temps à perdre.

Bon, allez! Ça va passer! Hop, hop, le mardi c’est yoga, avec l’averse qui dégringole je vais être rincée!

 

derriere un drap mail 28 mars 2019

photo Pastelle