Hier c’était yoga nidra. Je n’aime pas cette pratique mais une petite voix en moi me dit – à tort ou à raison – qu’il faut pratiquer avec régularité. "Il faut". Encore un.

Peut-être est-il là, le problème : se mettre la pression, même sur ce qui peut être considéré comme un loisir. Me revient d’ailleurs l’angoisse qui m’a saisie lorsque Prof a évoqué les parts en nous qui dressent des barrières. Je les ressentais bien, ces parts, je ne ressentais même qu’elles.

La séance m’a paru longue, très longue. J’ai imaginé que je me levais et que je partais. Bien sûr je ne l’ai pas fait. À la place je pensais à tout ce qui m’attendait en rentrant. Niveau décollage de papier peint, j’avance bien, je suis contente. Et plus j’avance, plus j’ai envie de décoller. Encore trois mois et je vivrai entre des murs d’une sobriété à l’épreuve des balles. Ce sera super chouette.

Ça me fait penser à une rêverie que j’avais quand j’étais petite : je me sauvais de chez moi, jusqu’au fin fond de la forêt, je construisais une cabane (dans ma rêverie j’étais super douée), je m’abritais à l’intérieur et j’étais bien. C’était une toute petite maison, un peu comme celle des Trois Petits Cochons. Finalement je ne l’ai jamais fait car je n’avais aucune idée de la façon dont j’aurais pu installer une salle de bains dans ma petite cabane. Et mes livres ? Mes cahiers ? Où stocker tout ça?

Pour en revenir à yoga nidra, je ne suis pas contente de moi quand mes pensées s’en vont dans tous les sens comme hier, au lieu de se concentrer sur ce que dit la prof. Le pire c’est que je suis la seule à ne pas aimer yoga nidra. Tous les autres élèves sont fous de joie. Ai-je un problème ?

En plus hier il faisait ultra chaud dans la salle. J’ai enlevé mon pull. Après j’avais froid. Mon corps se refroidit quand je reste immobile trop longtemps. Je crevais donc de chaud avec un corps gelé. Amis de l’harmonie, bonjour !

J’ai plié une jambe. Puis l’autre, puis les deux. J’ai fait le cadavre. Je me suis dit : Cultive la patience. Cultive la patience. Cultive la patience. Malgré mes supplications, je n’ai rien vu venir.

Je me suis demandé pourquoi je n’avais pas de migraine ophtalmique justement maintenant que je n’avais rien à faire. Pourquoi ça m’arrive toujours en plein boum, m’obligeant à tout laisser en plan?

Enfin, enfin ! La prof a prononcé la phrase qui nous invite à reprendre contact avec l’endroit où l’on est. Je l’ai d’autant vite retrouvé que je ne l’avais pas vraiment perdu.

Coup d’œil à la pendule. Une heure, purée ! Une heure au lieu des ¾ d’heure habituels. Pas étonnant que j’ai trouvé ça long !

Ensuite, tous les élèves étaient partis, sauf Copine qui était dans le vestiaire avec la prof. J’en ai profité pour photographier la salle. Ne sachant où est la fonction panoramique sur mon portable, ni même s’il y en a une, je tournais sur moi-même, jusqu’au moment où je me suis retrouvée nez-à-nez avec Prof et son beau sourire. "Je t’ai capturée", lui ai-je dit (je n’ai pas fait exprès, elle est sortie juste au moment où je prenais la photo).

Je n’en étais pas à ma première fois, aussi sans surprise a-t-elle commenté : "Toi et tes photos ! Je me dis toujours qu’il me faudrait une photo quand la salle est pleine.. Tu pourrais en faire la prochaine fois ? On en parlera avec les autres ?"

Chic. Je suis contente !

Finalement, j’ai bien fait de venir à yoga nidra...

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