Pour ceux qui le souhaitent, la suite d'Une idée en tête

MARINE 4 fev 2019

photo de Pastelle

Mes talons claquent joliment sur le bitume parisien, dans le regard des passants je me trouve belle.

Il est là, il est venu au rendez-vous qu’on s’est donné dans un petit restau qu’il connait, intimiste, chaleureux. La rue a-t-il dit n’a rien de spectaculaire, l’entrée du restaurant se trouve sous un pont, mais les lieux sont intimes et sans tapage, les lumières douces, les tables petites, et la cuisine traditionnelle sans complication. L’odeur de pluie sur ma peau le saisit lorsque d’un geste mesuré ses lèvres effleurent ma joue.

À l’intérieur, il se dirige vers le fond de la salle à gauche où un escalier de bois mène à l‘étage. Plus tard, il me dira avoir hésité à me laisser passer devant, tenté qu’il était de regarder mes jambes et le relief de mes reins mobiles sous ma jupe .. Pour l’heure il me précède, me tendant sa main pour m‘aider à gravir les marches un peu raides.. Sa paume irradie une chaleur enchanteresse, je la sens vivre et palpiter comme un petit cœur au creux de ma main..

La salle est de plafond bas, augmentant l’impression d’intimité. Les tables sont séparées par de petites balustrades, et celle que l’on nous a réservée est parfaite, isolée mais pas trop. Musique, juste ce qu’il faut.

Lorsqu’on nous apporte la "carte" sur un grand panneau de bois, j’incline un peu la tête, et dans ce mouvement d’une lenteur ivre, au moment où dans une effluve il sent mon parfum, me vient cette petite peur délicieuse, cette terreur ronde, éparpillée, me vient le désir qu’il me regarde avec cette manière si particulière qu'ont les hommes à certains moments ..

Il me parle, et je me recroqueville pour me lover dans sa voix. Si seulement je savais ronronner, fare le fusa ! Parle-moi, je te promets que je ne bougerai pas, que je resterai là, suspendue à ta voix ..

Il dit qu’il est tellement content de me voir, il dit Est-ce que tu veux, hein, tu veux bien dis une séance de photos comme autrefois ?

À peine son café terminé, je le presse de questions sur la suite de la soirée. Allons-nous rentrer ?

Il s’amuse de ma hâte, mais ne semble pas pressé, me propose de découvrir un pub qui n'est, dit-il, pas si loin. Nous rejoignons donc l'endroit, et c’est là je crois que j’ai eu un peu froid. La note grave du vent s’était mise à mugir et nous enveloppait d’une longue plainte glacée.

Je lui prends le bras, juste devant Notre-Dame, je me serre contre lui et nous marchons ainsi, échangeant notre chaleur..  Le coup de vent qui nous a convaincus de presser le pas lui porte mon parfum et contre sa hanche les mouvements de la mienne piègent malgré elles ses prunelles aguichées. À quoi pense-t-il ? À la suavité de mes courbes que ma jupe dérobe ? Au vallonnement de ma taille, à l’arrondi de ma hanche, au trémoussement de mes reins conjugué à l’appel suave qu’il y devine ?

Toujours est-il que lorsque nous arrivons au pub, son bras comme une ceinture chaude et sucrée est autour de ma taille. Nous nous installons, rapprochons nos sièges, nous émerveillant ainsi d'une étrange connivence ..