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Petits zoiseaux virevoltant sur des bambous,

quelque part en région parisienne..

 

Il y a quelques jours je me suis réveillée avec une couronne de petits boutons rouges sur le front. Des aoûtats, d'après le pharmacien. Il y en a plein en ce moment, rapport à la chaleur sèche qui inonde le pays. Et ça se chope, paraît-il, dans la végétation. Le parfait prétexte pour ne pas tondre le jardin, chose que je remets et que je remets – il faut dire que je me lasse un peu, à peine terminé il faut recommencer, de la folie! Je vis présentement dans une jungle, et même une jungle de bambous, puisque j’ai eu la bonne idée d’en planter il y a quelques années (je ne savais pas, pauvre innocente, que les bambous se multiplient plus vite que les lapins !).

Oui alors donc, pour en revenir aux aoûtats, ils ne me sont pas inconnus: j'avais été déjà sauvagement attaquée dans ma tendre jeunesse.

C’était un beau mois de juillet, il m’en souvient, les cigales chantaient et les moustiques piquaient, puisque nous étions en vacances au pays de ma sœur, à savoir dans le Gard. Alors à propos de moustiques, j’avais lu quelque part que pour s’en débarrasser, il suffit de placer des oignons frais en lamelles dans une coupelle. Je m'étais dit comme ça que ce serait beaucoup plus efficace si je mettais les oignons directement entre mes orteils et sur mes tongs. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, une meute de moustiques fonçait sur mes pieds en rameutant tous leurs copains. Moi qui avais compris que l’oignon a un effet répulsif ! Il a un effet séductif !

Oui alors donc, lors de ce séjour in ze Sud, un matin je me réveille avec des plaques de boutons partout sur la partie supérieure de mon anatomie. Enfin, quand je dis des boutons, je suis modeste : un chapelet rouge tomate me boursouflait du nez jusqu’aux épaules (en passant par les bras, le décolleté (quoi ? c’est pas parce que mes seins ressemblent à des chapeaux de religieuses (je parle des gâteaux) que j’ai pas le droit de dire : décolleté !). Oui, donc. J’en étais où ? Ah oui. Les plaques.

"Que vois-je ?" geins-je en rapprochant mon visage du miroir. Et j’enchaîne d’une voix d’outre-tombe : "Hors de question que je laisse ces gros boutons rouges me pourrir la vie ! Déjà avec l'allure que j'ai avec mes bottes en caoutchouc!" (Ben oui vous vous êtes déjà barbouillé les pieds avec du jus d’oignons ? Je vous dis pas comment c’est tenace, cette cochonnerie !).

Alors malgré les 42°ambiants, je m’enveloppe d’un châle tout en restant en maillot pour ne pas mourir tellement j’ai chaud (rappel : j'habite dans le nord parce que je hais la chaleur!)

C’est dans cet accoutrement que je débarque chez le docteur du coin.

Même pas ému, il lâche :

- Oh, la mode parisienne est seyante cette année. Qu’est-ce qui vous amène ?

Là, dans un geste théâtral, je laisse tomber mon châle.

- Ben dites donc, vous êtes drôlement rouge !

- C'est un peu pour ça que je viens vous voir ! (Telle fut ma subtilissime réponse).

- Oh !! qu’il s’exclame en se penchant sur mon cou, des Trombicula autumnalis!

- QUID ????

- Des aoûtats !

- Des aoûquoi ? que je fais.

- Des aoûtats. Vous savez, ces charmantes petites bêtes qui sortent en août !

- Heu oui, sauf que là, on est en juillet!! (C'est bien ma veine)

 

Eh oui, j'avais chopé des aoûtats en juillet, maintenant je les chope en juin, je suis une sacrée vernie !

Évidemment! Ya plus d'saisons ! (Y a plus d’régions non plus, parce que d’après ma sœur, il fait plus chaud à Paris que chez elle en ce moment ! Dégoûtée, vous dis-je, dé-goû-tée!)

PICT0477Peyremale

Spécimen aquatique des rivières gardoises

(totalement pacifique tant qu'on ne le retire pas de son milieu naturel)