Pour Lady Obi

geisha

Un jour, j’ai mis comme photo de profil sur Facebook l’image ci-dessus. J’ai reçu aussitôt un demi-million de notifs, un vrai raz-de-marée, alors que d’habitude c’est la morne plaine. Pourquoi ? Eh bien parce que ces messieurs ont cru que la demoiselle du dessin était une geisha. Et puis alors, pardon, dans l’imaginaire masculin, la geisha, c’est quelque chose ! Plus précisément, c’est quelque chose qui ressemble à la dame de chez nous qui pratique le plus vieux métier du monde, si vous voyez ce que je veux dire …

Or, petitun, la nana du dessin, si elle a le visage blanc et trois baguettes dans les cheveux, n’est pas une geisha. Parce qu’une geisha, mes amis, ça ne vous montre pas ses épaules, la moitié de ses bras et de son décolleté en prenant un air demeuré comme pour dire "Viens viens, c'est une prière ...".

D’ailleurs, une geisha, ça ne parle pas.

Oui parce que, petideux, la geisha n’est pas une parapatétichose améliorée comme on le croit généralement. C’est une dame de compagnie extrêmement raffinée pour messieurs extrêmement aisés.

Ceci dit, je ne suis pas sûre que leur métier soit plus enviable pour autant. Jugez plutôt.

Alors déjà, la transformation de ladite en être d’une finesse inouïe.

Première étape : le visage, les seins et les épaules sont fardés de blanc ainsi qu’une partie du dos, excepté un bout de nuque laissé "pur", après quoi tout cela est poudré grave sa race en tapant très fort avec la houpette. Après, on lui fait les yeux bien noirs et les lèvres bien rouges. Cette joyeuseté dure une plombe.

Deuxième étape : le passage du kimono, pris en charge par deux nanas (il faut bien ça) soit, dans l’ordre : un fond de robe, un sous-kimono blanc, un million de ceintures pour tenir tout (ceintures qui s'appellent "obi", comme je viens de l'apprendre grâce à Lady Obi), ensuite le kimono, (non ce n’est pas encore fini car viennent aussi) le sous-col, le col, encore des ceintures devant et derrière, et enfin les fameux coussins qui la maintiendront raide comme la justice jusqu’à la fin des temps.

Ah, j’oubliais les chaussettes blanches avec le pouce séparé du reste des doigts de pied, et des tatanes en bois genre tongs (en plus haut et en plus classe).

Au terme de cette deuxième heure de préparation on passe à la ...

Troisième étape : la coiffure, qui consiste en un chignon avec des tas de pinces dans les cheveux et des décorations avec des perles et des fleurs un peu comme un sapin de Noël (en plus printanier).

Vu la durée de la confection du chignon, la geisha se verra invitée à dormir sur un repose-nuque, histoire de ne pas avoir à remettre ça tout de suite ..  

Une fois prête, la geisha ne pourra plus jamais se plier ni s’asseoir. Pipi popo elle oubliera.

De boire et de fumer elle se passera.

Point de grands gestes elle ne fera.

Tousser éternuer, elle omettra.

Pour rire derrière sa mimine elle se cachera.

Avec des petits pas mignons elle marchera. (Bon, en même temps, saucissonnée comme elle est, a-t-elle le choix ?)

 

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Alors, les amies .... Geisha, ça vous tente ?

février 2014