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J’ai envie de dire : si vous êtes friand de créations manuelles en tout genre, je vous déconseillerai direct de vous adresser à moi. Par contre, à mon humble avis, Dieu existe, sinon comment expliquer que par mesure de rééquilibration des vertus il ait mis dans la même famille une nana aux doigts d’or (ma sœur) et aux cheveux itou (encore que les cheveux soient d’une utilité toute relative dans la confection de mobilier d’intérieur) ?

Or donc, à l’heure où le soleil rosit, mon livreur chou toctoque at my door (par la force des choses on est devenus super intimes, vu qu’il se pointe toujours au cours de mes ablutions matinales) pour m’apporter, je vous le donne en mille : le plateau-à-pieds-pliants-motifs-personnalisés réclamé par ma cadette lorsqu’elle était tombée par le plus grand des hasards sur le plateau destiné à sa grande soeur.

Vous allez me dire, quelle injustice ! Il y en a qui ont tous les dons alors que leur soeur, que couic! Je vous arrête derechef.

Que je vous narre les circonstances qui ont fait naître chez ma soeur le gène du bricolage.

Il y a un certain nombre d’années, Brie tenait avec son cher et tendre un café-restau qui ne l’occupait que quinze heures par jour. C’est dire si l’ennui la tenaillait. En plus de ça, ça faisait quand même bien .. oh oui, je dirais bien DEUX ANS qu’elle n'avait pas déménagé (la déménagite est déconseillée quand on tient un commerce) si bien que pour contrer sa nature profonde, à défaut de se bouger elle bougeait régulièrement tous ses meubles. C’est comme ça qu’un de ses jours de congé, profitant que sa moitié était parti(e) à la pêche, elle se met à tout chambouler : et que je te réorganise le bar du restau, et que je te déménage la machine à glace et tant qu’à faire le p’tit frigo du cellier. Sa frénésie de bougement de meubles est telle qu'elle se dit qu’elle va en profiter pour faire du grand ménage, et se saisissant du robinet du bar avec une douceur qu’elle tient de famille et qui a largement fait ses preuves depuis, vlà que le robi lui reste dans la main !!! Ma frangine, paniquée, essaie de remettre ce p.. de robinet en place, impossible !!! Et l’eau coulait, coulait, coulait .. Il faut dire qu’à l’époque, elle ne bricolait pas ma sœur (elle est secrétaire de direction, à la base), et elle ne savait pas quoi faire (à part s’arracher ses magnifiques cheveux blonds fortifiés au jaune d’oeuf). Elle se précipite donc sur le téléphone et appelle le Maire, la grande (et seule) sommité du petit village cévenol où elle habitait. Seulement voilà, c’est pas tous les jours qu’on appelle un maire de village cévenol pour résoudre un problème de plomberie. À vrai dire, de tout son mandat, c’était bien la première fois qu’il était confronté à ce genre de situation, si bien que la sommité assommée s’en réfère à son adjoint, lequel après avoir bien étudié le pour et le contre explique à ma frangine qu’il faut qu’elle coupe l’eau. Franchement, c’est là qu’on voit comme le cerveau de nana est un pur fétu de paille comparé à celui de l’Homme. Bref. Ma sœur s’arme du seul outillage dont elle dispose à l’époque (un marteau et une lime à bois) et s’essaie aussitôt à soulever la dalle super lourde qui abrite le robinet d’arrivée d’eau.. Elle n'y arrive pas (tu m’étonnes !) mais heureusement, l’adjoint a la super idée de monter son blanc destrier pour venir voir où en sont les choses.

Mouillées.

Et même très mouillées, puisque tout est inondé. En plus, les plombs ont sauté. Devant l’état délabré des éléments et de ma frangine, l’adjoint se jette aux pieds de Brie dans le but on ne peut plus louable de soulever la dalle pour qu’elle puisse fermer son robinet. Ah, on a beau dire, les hommes !!! Qu’est-ce qu’on ferait sans eux ??!!

Encore que.

Là-dessus, mon beauf se pointe (il revenait de sa pêche).

"Ben t'es drôlement échevelée !!" geint-il à sa moitié en voyant les cheveux de Brie dressés tout autour de sa tête comme des rayons de soleil, "En plus tu pisses le sang !! T'en mets partout !!! Et c’est quoi ce souk ? Ya eu un tsunami ici ?"

"Ben figure-toi.." commence la chair de ma mère en lui narrant ce qui précède tout en tenant un torchon contre sa main blessée pour éponger le sang.

Alors Fred, de conclure : "C'EST DINGUE, ÇA!! J'PEUX PAS TE LAISSER CINQ MINUTES TOUTE SEULE SANS QUE TU METTES TOUT À FEU ET À SANG!!!!"

12 mai 2011

Spéciale dédicace à Marie, une autre talentueuse "bricoleuse" sourire coeurs