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Je suis une spécialiste des plats uniques. D’ailleurs, j’ai une anecdote à ce sujet, c’est même une anthologie de mon histoire culinaire (le père de mes filles en parle encore, c’est dire !).

Oui donc, c’était il y a très longtemps, à une époque où j’étais encore jeune et belle et où ma sœur vivait chez moi. Enfin, ma sœur, et un collègue à mon homme. En fait, le soir même il était dans le lit de ma frangine (le collègue, pas mon homme) ce qui s’est révélé drôlement pratique, vu que sinon on aurait eu un problème de lits.

Oui alors donc un jour, on n’savait pas quoi préparer à manger à nos hommes. J’aurais pu faire quelque chose à la va-vite (quoique ce ne soit pas du tout mon genre). Mais maintenant que j’étais une femme mariée, rayonnante de créativité, plus question de me permettre de tels écarts. Après avoir longuement réfléchi, on a décidé de mélanger tous les restes qui étaient dans le frigo, en associant allègrement le sucré et le salé !

Avec avoir goûté ce plat unique (dans tous les sens du terme), je ne sais plus qui des deux, de mon homme ou du copain, a été le plus .. comment dire .. MARQUÉ. Il faut dire qu’ils arrivaient de je ne sais plus où et qu’ils crevaient de faim. Quand ils ont vu cette montagne de nourriture sur la moquette – enfin, quand je dis 'sur la moquette', c’est une façon de parler, vu qu’on n’avait pas de moquette. D’ailleurs on n’avait pas de table non plus et tout notre mobilier résidait en le minimum vital (un lit). Oui et donc, on mangeait assis par terre. D’ailleurs, c'est un signe ! Le fait que je m’asseyais déjà prouve bien que j’étais destinée à une existence incroyablement spirituelle (dans tous les sens du terme!)(comme le plat unique!)

Oui alors donc, nozhomzarrivent.

Il aurait fallu que vous voyiez leur visage s’éclairer d’une joie sans mélange !!! (On ne pouvait pas en dire autant du plat!). C’est à la première bouchée que ça s’est compliqué : leur visage avait viré au vert et jaune (d‘ailleurs c‘est la seule fois où j’ai vu des rayures sur une figure). Du coup, Brie et moi on s’est dit comme ça qu‘il valait mieux qu‘on n’y goûte pas. Ce n’était tout de même pas la peine qu‘on soit malades tous les quatre ! Surtout qu’après, au lit, il a fallu qu’on les motive un max!!

(mon homme) J’ai mal au ventre !

(moi) Mais arrête ! Tu sais très bien que tu as toujours eu un seuil très bas de résistance à la douleur. Allez, un p’tit câlin !

(mon homme) Faire l’amour est hors de question !

(moi) C’est pas au pénis que t’as mal, que je sache ??

(mon homme) Non, c’est juste au-dessus ! Toute activité sexuelle serait une torture! Dors!

Dors ??

Comment ça, DORS ?!

(moi) Laisse-moi voir ton ventre, je vais te masser, ça va te faire du bien..

(mon homme) Nooon !

(moi) Laisse-moi voir, allez !

J’ai bien tout regardé : il n’avait RIEN. RIEN DU TOUT.

(moi) On essaie, un point c’est tout !

Je me suis allongée sur lui avec toute ma douceur naturelle. Seulement voilà, il m’avait tellement énervée que j’ai perdu l’équilibre et qu’en tombant je lui ai filé un coup de genou dans l’aine.

(lui, hurlant) Ambre, j’apprécierais énormément que tu me laisses tranquille !!!

Pf ! Chochote, va !!

D’ailleurs, maintenant que j’y repense, j'me demande s’il n’a pas avancé ça comme argument quand on a divorcé, LE TRAÎTRE!

15 février 2008