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Vous ne le savez peut-être pas, mais je n’aime pas le téléphone. Autant dire qu’à notre époque, je passe pour un dinosaure, à fustiger ce maudit appareil qui sonne "tout le temps", en tout cas, toujours trop à mon goût. Il m’arrive d’ailleurs d’éteindre la sonnerie du téléphone fixe (j’ai même pensé à m’octroyer une "journée par semaine sans téléphone") pour ne pas avoir à répondre. Quant au portable n’en parlons pas, je ne m’en sers que comme appareil photo. Mes filles ont fini par s’adapter en m’écrivant aussi des mails et des SMS, mais mon frère, qui est encore moins patient que moi (et c’est peu de le dire), se met en colère si je ne réponds pas tout de suite. Oui, vraiment, le téléphone pour moi est synonyme de désagrément, sans compter que souvent, on m’appelle "pour rien". Ou pour parler. Vous allez me dire c’est le but, mais pendant une heure ! Quand ce n’est pas deux !! Trois enfants = trois heures de parlotte.  Minimum !! Soupir. Mes enfants sont de vraies pipelettes, même mon fils ! Je crois que depuis qu’il n’habite plus ici il bat ses sœurs !

Et puis je me suis mise à penser aux deux parentes âgées (bien plus âgées que moi veux-je dire) qui sont tellement heureuses lorsque je les appelle. Je pense à toutes les personnes qui aimeraient tant qu’on leur téléphone comme le font mes enfants, comme ça, pour rien. D’ailleurs, je vais arrêter de dire "pour rien". Pourquoi est-ce que je dis cela ? Pour eux ce n’est pas rien, au contraire. C’est suffisamment important pour qu’ils aient envie de le raconter à leur mère, de lui demander ce qu’elle en pense. Je devrais être contente au lieu de râler sans arrêt. C’est très important, au contraire, que votre enfant vous appelle pour vous parler pendant une heure. C’est le jour où ils ne le feront plus que ce sera triste !